Le dispositif “Permis à 1 € par jour” est devenu en 2026 le principal levier de financement du permis de conduire pour les jeunes Français, à mesure que le Compte Personnel de Formation (CPF) s’est restreint sur la prise en charge du permis B. Géré par la Sécurité Routière depuis 2005, il repose sur un mécanisme simple : un prêt à taux zéro dont l’État rembourse les intérêts à la banque partenaire, à condition de respecter quelques règles d’éligibilité.
Concrètement, un candidat de 18 ans peut emprunter 1 200 € auprès d’une banque comme La Banque Postale ou le Crédit Agricole, et rembourser 30 € par mois pendant 40 mois, sans payer un seul euro d’intérêt. L’auto-école est payée directement par la banque, ce qui sécurise la formation. Encore faut-il choisir un établissement éligible — et là, la sélection est plus stricte qu’on l’imagine.
Qui peut bénéficier du permis à 1 € par jour en 2026
Le dispositif vise les jeunes en formation, avec deux conditions cumulatives à respecter.
L’âge : il faut avoir entre 15 et 25 ans révolus au moment de la demande. La borne basse correspond à l’entrée possible en conduite accompagnée (AAC), la borne haute couvre l’ensemble du public étudiant et jeune actif.
Le type de permis préparé : trois catégories sont éligibles.
- Le permis B (voiture)
- Le permis A1 (moto légère, dès 16 ans)
- Le permis A2 (moto intermédiaire, dès 18 ans)
Les permis poids lourds (C, D) et la catégorie BE ne sont pas concernés par le dispositif.
Aucun plafond de ressources n’est exigé par la Sécurité Routière elle-même. En revanche, la banque qui octroie le prêt reste libre d’apprécier la solvabilité du dossier. Si les revenus familiaux sont jugés insuffisants, l’établissement peut refuser : il est alors possible de présenter le même dossier à une autre banque partenaire, sans pénalité.
Le cas du redoublement et de l’abandon
Un candidat qui a déjà bénéficié d’un premier prêt sans obtenir son permis peut demander un complément de 300 € pour financer des heures supplémentaires. Cette prolongation n’est accordée qu’une seule fois.
En cas d’abandon de la formation, le remboursement est ajusté au prorata des heures effectivement consommées. L’auto-école restitue la part non utilisée à la banque, et le solde du prêt est recalculé.
Les montants disponibles et les modalités de remboursement
Le prêt n’est pas figé à 1 200 €. Quatre paliers existent, à choisir en fonction du coût de la formation négocié avec l’auto-école.
| Montant emprunté | Mensualité | Durée de remboursement |
|---|---|---|
| 600 € | 30 € | 20 mois |
| 800 € | 30 € | environ 27 mois |
| 1 000 € | 30 € | environ 34 mois |
| 1 200 € | 30 € | 40 mois |
La mensualité reste fixée à 30 € quel que soit le palier, ce qui correspond bien à un “euro par jour” — d’où le nom du dispositif. Le différé de remboursement, lorsqu’il est accordé, permet de ne commencer à payer qu’à la fin de la formation.
À noter : le permis à 1 €/jour est cumulable avec d’autres aides. Les régions proposent des bourses spécifiques (Île-de-France, Hauts-de-France, Occitanie notamment), et les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail peuvent encore mobiliser leur CPF dans certaines conditions. Le coût total de la formation peut ainsi être couvert presque intégralement par empilement de dispositifs. Pour une vue d’ensemble, voir notre guide du financement du permis.
Les banques partenaires et les auto-écoles éligibles
Six réseaux bancaires conventionnés
Seules les banques ayant signé une convention avec l’État distribuent le prêt :
- La Banque Postale
- Caisse d’Épargne
- Banque Populaire
- Crédit Agricole
- Crédit Mutuel
- CIC
Il n’est pas nécessaire d’être déjà client de l’établissement, mais l’ouverture d’un compte de prélèvement est généralement demandée. Aucun garant n’est exigé en principe par le dispositif ; la banque peut néanmoins en réclamer un selon la situation personnelle du demandeur (mineur, étudiant sans revenus, etc.).
Le filtre du label qualité
C’est probablement la condition la plus contraignante, et la moins connue du grand public : seules les auto-écoles titulaires du label qualité de la Sécurité Routière peuvent accueillir un élève en permis à 1 €/jour.
Selon les données publiées par data.gouv.fr en 2025, sur 11 371 auto-écoles recensées en France, environ 3 754 disposent de ce label — soit un tiers du parc seulement. La répartition est très inégale d’un département à l’autre. Pour identifier les établissements labellisés dans sa zone, le plus simple reste de filtrer la recherche par département sur notre annuaire des auto-écoles ou de consulter la méthodologie de notre score, qui intègre ce critère.
Le label atteste du respect d’un cahier des charges (transparence tarifaire, qualification des enseignants, suivi pédagogique, locaux conformes). Pour le candidat, c’est une double garantie : accès au financement et qualité contrôlée de la formation.
Les démarches étape par étape
Le parcours administratif est balisé et se déroule en cinq étapes successives.
1. Choisir une auto-école labellisée. C’est le point de départ obligatoire. Une auto-école non labellisée ne pourra pas émettre le contrat de formation conforme au dispositif.
2. Signer le contrat de formation. L’auto-école remet un contrat type conforme au cahier des charges Sécurité Routière, qui détaille le nombre d’heures, le coût, et mentionne explicitement l’éligibilité au permis à 1 €/jour.
3. Présenter le dossier à une banque partenaire. Le candidat (ou son représentant légal s’il est mineur) prend rendez-vous avec une des six banques de la liste, muni du contrat de formation, d’une pièce d’identité et de justificatifs de revenus du foyer.
4. Obtenir l’accord de prêt. L’instruction est généralement rapide (quelques jours). En cas de refus, rien n’empêche de représenter le dossier auprès d’un autre établissement partenaire.
5. La banque verse les fonds à l’auto-école. Le candidat n’a pas à manipuler l’argent : le paiement est direct, ce qui évite tout détournement d’usage. Les mensualités de 30 € commencent alors à être prélevées sur son compte.
Permis à 1 €/jour ou conduite accompagnée : faut-il choisir ?
Les deux dispositifs ne s’opposent pas, ils se cumulent volontiers. La conduite accompagnée (AAC) permet de commencer la formation dès 15 ans et améliore statistiquement le taux de réussite à l’examen. Le permis à 1 €/jour en finance le coût.
Un candidat de 15 ans peut donc tout à fait signer un contrat AAC dans une auto-école labellisée, puis solliciter le prêt à taux zéro pour en couvrir la facture. C’est même la configuration la plus avantageuse aujourd’hui, et celle que choisissent un nombre croissant de familles depuis la réforme du CPF. Pour approfondir, voir notre rubrique dédiée à la conduite accompagnée.
Questions fréquentes
Le permis à 1 €/jour est-il vraiment gratuit ?
Non : le prêt doit être intégralement remboursé. Ce qui est gratuit, ce sont les intérêts, pris en charge par l’État. Le candidat rembourse uniquement le capital emprunté, à raison de 30 € par mois.
Peut-on souscrire le prêt sans ses parents ?
Si le demandeur est majeur et dispose de revenus propres suffisants, oui. S’il est mineur ou sans ressources, la banque demandera la signature des représentants légaux ou un garant.
Que se passe-t-il si on échoue à l’examen ?
Le prêt initial peut être complété par une enveloppe supplémentaire de 300 € pour financer des heures de conduite additionnelles. Cette prolongation n’est accordée qu’une seule fois.
Toutes les auto-écoles acceptent-elles le permis à 1 €/jour ?
Non. Seules celles disposant du label qualité Sécurité Routière sont éligibles, soit environ un tiers des établissements français. Il est indispensable de vérifier ce point avant de signer un contrat.
Le dispositif s’applique-t-il aussi au permis moto ?
Oui, pour les catégories A1 (moto légère) et A2 (moto intermédiaire). Les permis poids lourds et remorques en sont exclus.