Depuis le 20 février 2026, le Compte Personnel de Formation ne peut plus couvrir l’intégralité du permis B pour les salariés et fonctionnaires, qui doivent désormais cofinancer leur formation à hauteur de 100 € minimum. Cette réforme s’accompagne d’un plafond CPF fixé à 900 € et de la disparition de plusieurs aides historiques, dont les 500 € pour apprentis et l’aide France Travail. Le paysage du financement du permis en 2026 est donc profondément reconfiguré, et de nombreux candidats découvrent ces évolutions au moment de monter leur dossier.
Ce qui change précisément depuis le 20 février 2026
Jusqu’à la réforme, tout titulaire d’un CPF pouvait mobiliser ses droits acquis pour couvrir 100 % du coût d’un permis B ou A, sans reste à charge si le solde le permettait. Ce dispositif, en place depuis 2017, faisait du permis l’une des formations les plus demandées sur la plateforme Mon Compte Formation.
Le décret entré en vigueur le 20 février 2026 introduit trois changements majeurs.
Premier changement : les salariés et fonctionnaires doivent obligatoirement cofinancer leur permis à hauteur de 100 € minimum, prélevés directement lors de la validation du dossier sur Mon Compte Formation. Le CPF ne peut donc plus, en aucun cas, couvrir 100 % de la formation pour cette population.
Deuxième changement : un plafond global de 900 € s’applique désormais à la mobilisation du CPF pour le permis de conduire, quel que soit le solde disponible sur le compte. Sachant que le coût moyen d’un permis B en France se situe autour de 1 800 €, le reste à charge minimum dépasse mécaniquement 900 € pour la plupart des candidats.
Troisième changement : les demandeurs d’emploi conservent un régime plus favorable. Ils peuvent toujours mobiliser leur CPF sans cofinancement obligatoire, dans la limite du même plafond de 900 €.
Les aides supprimées en 2026
La réforme du CPF s’inscrit dans un mouvement plus large de rationalisation des aides à la formation. Deux dispositifs très utilisés ont disparu en 2026.
L’aide de 500 € pour les apprentis, créée en 2019 et particulièrement plébiscitée par les jeunes en formation professionnelle, n’existe plus depuis l’entrée en vigueur de la réforme. Elle permettait à tout apprenti majeur préparant le permis B de bénéficier d’un soutien forfaitaire, indépendamment du CPF.
L’aide France Travail au permis de conduire, qui pouvait atteindre 1 200 € pour les demandeurs d’emploi inscrits dont le permis conditionnait la reprise d’emploi, a été supprimée au 1er avril 2026. Cette suppression complique sensiblement la situation des chômeurs longue durée pour qui le permis représentait souvent un levier essentiel de retour à l’emploi.
Tableau comparatif : avant / après la réforme
| Dispositif | Avant le 20/02/2026 | Depuis le 20/02/2026 |
|---|---|---|
| CPF salariés/fonctionnaires | 100 % possible | Cofinancement 100 € min., plafond 900 € |
| CPF demandeurs d’emploi | 100 % possible | Plafond 900 €, sans cofinancement |
| Aide apprentis 500 € | En vigueur | Supprimée |
| Aide France Travail (jusqu’à 1 200 €) | En vigueur | Supprimée au 1er avril 2026 |
| Permis 1 €/jour | En vigueur | Maintenu |
Pour un salarié dont le permis est facturé 1 800 €, le calcul est désormais simple : 900 € de CPF maximum, 100 € de cofinancement minimum, et au moins 800 € de reste à charge à couvrir par d’autres moyens.
Quelles alternatives en 2026 ?
Face à ce nouveau contexte, plusieurs dispositifs restent mobilisables, seuls ou en complément du CPF.
Le permis à 1 €/jour
Maintenu en 2026, ce prêt à taux zéro garanti par l’État reste l’alternative la plus accessible. Il est distribué par six réseaux bancaires partenaires : La Banque Postale, la Caisse d’Épargne, la Banque Populaire, le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel et le CIC. Le montant emprunté (généralement 600, 800, 1 000 ou 1 200 €) est remboursé à raison de 30 € par mois, soit environ 1 € par jour. Les conditions d’éligibilité : avoir entre 15 et 25 ans et s’inscrire dans une auto-école partenaire du dispositif. Les détails pratiques sont récapitulés sur notre page dédiée au financement à 1 € par jour.
Les aides régionales
Plusieurs régions et départements ont maintenu, voire renforcé, leurs propres dispositifs en réaction au désengagement national. Les montants, conditions d’âge et de ressources varient fortement d’un territoire à l’autre. Il est utile de consulter directement les sites des conseils régionaux et des missions locales, qui centralisent l’information sur les aides territoriales actives en 2026.
Le crédit consommation classique
Pour les candidats non éligibles au permis à 1 €/jour (notamment les plus de 25 ans), le crédit conso reste une option. Les organismes spécialisés comme Younited (à partir de 2,5 % selon profil) ou Cofidis proposent des prêts affectés à la formation au permis, avec des taux généralement plus avantageux que le crédit renouvelable.
Le CPF pour demandeurs d’emploi
Les personnes inscrites à France Travail conservent un accès au CPF sans cofinancement, dans la limite des 900 €. Cette voie demeure pertinente pour qui dispose d’un solde suffisant et accepte de compléter par un autre dispositif.
Comment optimiser son financement en 2026
L’empilement des dispositifs reste autorisé, à condition de respecter les règles propres à chacun. En pratique, plusieurs combinaisons fonctionnent.
Un salarié peut mobiliser 900 € de CPF + 100 € de cofinancement + un crédit conso pour couvrir un permis à 1 800 €. Un jeune apprenti, désormais privé de l’aide de 500 €, peut compenser partiellement par le permis à 1 €/jour cumulé avec une aide régionale quand elle existe. Un demandeur d’emploi peut associer CPF (900 €) + aide régionale + reste à charge personnel, l’aide France Travail n’étant plus disponible depuis avril.
Le choix de l’auto-école pèse aussi sur le coût final. Les écarts de tarif horaire dépassent fréquemment 15 € entre établissements d’une même commune, et le nombre d’heures réellement nécessaires varie selon la pédagogie. Notre méthodologie de comparaison détaille les critères utilisés pour évaluer les auto-écoles à partir des données officielles de la Sécurité Routière publiées sur data.gouv.fr.
Questions fréquentes
Le CPF peut-il encore financer 100 % du permis en 2026 ?
Non, plus pour les salariés et fonctionnaires depuis le 20 février 2026. Un cofinancement de 100 € minimum est obligatoire, et le plafond CPF est fixé à 900 €. Seuls les demandeurs d’emploi conservent un accès sans cofinancement, dans la même limite de 900 €.
L’aide de 500 € pour les apprentis existe-t-elle toujours ?
Non. Cette aide forfaitaire, en place depuis 2019, a été supprimée avec la réforme de 2026. Les apprentis doivent désormais se tourner vers le permis à 1 €/jour, les aides régionales ou le CPF dans les conditions de droit commun.
L’aide France Travail au permis est-elle toujours disponible ?
Non, elle a été supprimée au 1er avril 2026. Les demandeurs d’emploi conservent toutefois l’accès au CPF sans cofinancement obligatoire, dans la limite de 900 €.
Le permis à 1 €/jour est-il maintenu en 2026 ?
Oui. Le dispositif est inchangé et reste distribué par six réseaux bancaires partenaires (La Banque Postale, Caisse d’Épargne, Banque Populaire, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, CIC) pour les candidats âgés de 15 à 25 ans inscrits dans une auto-école partenaire.
Peut-on cumuler CPF et permis à 1 €/jour ?
Oui. Les deux dispositifs sont compatibles et leur cumul reste l’une des combinaisons les plus efficaces pour réduire le reste à charge, en particulier pour les jeunes salariés contraints au cofinancement de 100 €.